24/11/2013

Stefan ANIOL raconte Aix en Provence

posté à 19h59

IRONMAN France 2013 - Aix en Provence

1,9 / 90 / 21,1 km
22 septembre 2013
Stephane Aniol


Une envie de prolonger l’été se faisait ressentir depuis le mois d’août, car il faut bien dire que l’année 2013 ne fait pas partie des meilleures années d’ensoleillement. L’été commence à la mi-juillet, preuve en est du Championnat du Monde de Triathlon longue distance au mois de juin qui faute de temps estival s’est transformé en Duathlon, exit la natation… c’est un peu comme un Biathlon avec des fusils enraillés, cela devient du Ski de fond, je ne vous fais pas de dessin.
Mais revenons à notre rêve, prolonger ce court été… et c’est dans cette perspective que nous nous sommes inscrits à l’Ironman d’Aix en Provence du 22 septembre 2013. Il faut bien le dire, pas d’entraînement spécifique, pas de record à battre, pas de podium à chercher mais une belle devise : emmagasiner plein de plaisir et de soleil pour la fin de l’année.


Aix, à la recherche du temps... ensoleillé
Vendredi, levé 4h, à la dur, sac de 10kg et valise vélo… de 10kg pour bagage, direction la gare et le TGV, non, l’heure n’est pas à la réflexion stratégique d’approche de la course, ni au processus de récupération rapide, mais plutôt à la philosophie du dormeur « je pose mes bagages et je dors ». Les paysages défilent comme les temps, grincheux, brumeux, nuageux, pluvieux, « soleileux » ? Et voilà donc Aix en Provence et son ciel bleu pur qui respire le bien être, la vie, les couleurs, le début d’un bon week-end ! Après 30 minutes de tractage de valise vélo jusqu’à l’hôtel, là j’ai soudain très chaud, de bavardage avec un ancien « du village », je m’aperçois que le Triathlète Ironman fait hélas toujours parti de ces extraterrestres, ces « otni », hOmmes Terrestres Non Identifiés, un peu comme ce Marseillais qui est descendu en brasse en apnée pendant 3 minutes à 87m de profondeur sous l’eau sans palme et remonté à la force des bras ! Bref, malgré tous les efforts que nous déployons pour démocratiser le triathlon, il y a encore bien du travail à mettre en oeuvre pour la compréhension du grand public. Je profite de ce splendide après-midi pour découvrir cette belle ville d’art, de patrimoine et de culture, le vieux centre ville, ses fontaines, ses couleurs, ses allées ombragées, ses maisons typiques, ses petites ruelles pavées qui serpentent, quelques statues, l’hôtel de ville et sa porte au lion, ses places arborées et pleines de terrasses à l’apéro joyeux, ses petites échoppes remplies d’huile d’olives du Pays, de miels et de tapenades à déguster, de bonbons à la violette ou aux coquelicots également, d’accord j’arrête ou vous n’allez plus tenir en place. Voilà donc cette après midi de découverte et de prise de dossard, mais la compétition me semble encore bien loin, vous ne trouvez pas ? En début de soirée je retrouve Alain et son cabriolet, toujours prêt pour les belles occasions, les pays de soleil et de montagnes, et les bons week-ends entre amis. Merci Alain. Pareil à lui-même il « grinchone » un peu à l’hôtel, ce qui nous fait gagner des petits déjeuners gratuits. Alors voilà comment la fête du week-end commence. Ensuite on va « shopper » en ville, ça veut dire faire du shopping de Triathlète, à l’Expo-village Cours Mirabeau, au stand Ironman, un vêtement par ci, une tenue par là, même un cadeau pour Madame, et puis un tee-shirt de plus, comme si avec mes 400 en placard je n’arrivais pas à m’habiller, bref oui, on s’amuse… et déjà on se fait plaisir ! Le soir est gargantuesque ! Un bon plat de pâtes, riz, blanc de poulet, gruyère, bref la totale, mais attention, à l’hôtel, dans notre petite chambre, oui on partage tout, les serviettes en papier, la petite table, le repas, les yaourts, le jambon, les photos et même le lit ! euh non, sauf… mon vélo !

Samedi, réveil tranquille, petit déjeuner… ben à la cool à l’hôtel, croissant, pain au chocolat, recroissant, gâteau, puis pain au chocolat, bon il faudrait peut être s’arrêter maintenant, okay juste un dernier… pain au chocolat avec croissant, oups. Ensuite nous partons courir pour une reconnaissance du parcours pédestre. Un footing sur la boucle de 5,5 km en ville et dans un parc, attention ça monte, puis ça descend, mais ensuite ça remonte, et ça ne s’arrête plus de monter et descendre ! Là je sens de suite que passer les 2 premières boucles, les 11 derniers kilomètres seront… eh bien disons que je ne sais pas s’ils seront justement ! En fait, c’est à ce moment là que la course a commencé dans nos têtes, que les questions sont arrivées, les doutes, les craintes, les temps de chronos, les calculs de dénivelés et toutes les équations qui peuvent bien passer dans la tête d’un triathlète avant le jour J. L’après-midi est consacrée au montage des vélos, puis nous décidons de ne pas les laisser à l’organisation pour convoyage, mais plutôt de profiter du ciel bleu et tout de même 27°C pour aller nous-même les déposer au parc de transition vélo au lac de Peyrolles à 25 km d’Aix. De là commence une véritable excursion bonheur, dans cette magnifique région de Provence, au soleil ou à l’ombre des platanes, c’est suivant, au son des cigales qui nous enchantent. Quelques côtes préviennent le relief du Pays, les montées très petite vitesse, genre « j’en garde sous le pied pour demain », ben voyons, aux descentes à tout berzingue, « t’as vu comme j’vais vite ! ». Ainsi passe notre journée qui se termine par des « goûtages », euh pardons, des dégustations délicates de tapenades vertes aux amandes, noires aux olives de Pays, encore un peu de shopping sorry, mais c’est tellement délicieux, si, si, je vous assure. Au lit pas trop tard, genre 22h00… 23h ? Ah bon déjà ? Alain ne prend pas trop de place et il reste calme même si je sens tous les calculs qu’il développe et toutes les analyses qu’il organise dans sa tête pour demain, le Grand Jour !

Dimanche, levé 4h, tiens ça me rappelle… Petit déjeuner tranquille, ça ne me ressemble pas pour une fois, pas de stress, on se prépare paisiblement, même timing, bien synchro, direction place du Général de Gaulle, départ en car pour le lac de Peyrolles. Derniers réglages des vélos sur place, derniers préparatifs, dernier dodo aussi assis dans l’herbe, combinaison, lunette, puce au mollet (pas l’animal), bonnet, montre chrono, certain en ont même deux ! Une montre gps plus une autre montre chrono, ça doit faire lourd tout cet attirail ! Attention départ des pros, la foule des Groupes d’Äge se positionne, j’ai perdu Alain depuis bien longtemps déjà, 1600 athlètes au départ ! Coup de sifflet, tous à l’eau, c’est bien parti, maintenant il faut tenir près de 2 km avec tous ces bras qui vous tombent sur la tête, sur le dos et qui accrochent les pieds. Je dois mettre ma tête sur mode « chrono », oui ma montre s’est éteinte lorsque j’ai pressé « start » ! Plus de batterie ? Je commence un peu à comprendre pourquoi certains avaient deux montres ? Et puis pour accélérer la difficulté, je perds un ongle de pied après 200m dans l’eau, plus de pansement, bref pas de dessin, c’est sans appel. En fait je dis 2 km de natation, mais on ne sait jamais vraiment lorsque l’on a pas de ligne noire peinte comme dans le fond de la piscine, car après 500m je me fais siffler par un canoë de sécurité, j’étais trop à droite du chenal, et puis bien évidemment arriva ce qui devait arriver, après 1km je me fais siffler par un autre canoë car j’étais cette fois-ci trop à gauche du « chenal de course ». Alors je pense que les 2 km de natation après tous ces zigzagues étaient allègrement dépassés !

Inévitable, comme à Roth en Allemagne, et même avec 1600 nageurs, devinez qui je trouve en remontant sur le ponton d’arrivée après 46 minutes de nage, Alain qui me précédait de 5 secondes ! Un très bon temps pour moi qui prévoyait une heure. La transition se passe correctement, et départ pour la section vélo avec ces 90 km de montagne, dans l’arrière pays aixois, 7 montées dont celle de la montagne Sainte-Victoire et le col du Cengle, les kilomètres défilent, les descentes également à 65 km/h, ce n’est pas le Mont Ventoux, mais ça décoiffe un peu tout de même, surtout les virages en épingles à cheveux de fin de parcours, avec… un cycliste dans le fossé tous les deux virages ! Du jamais vu ! Il faut dire qu’une ascension raide à 15km de l’arrivée, c’est juste bon pour vider de toute énergie le peux qu’il restait en chacun de nous. Exposée plein sud, le soleil de plomb nous tombe littéralement dessus et nous « colle » au paysage, j’ai l’impression d’avancer au pas de fourmis, centimètre après centimètre, chaque virage passé est déjà une victoire, mais c’est peut être aussi ce qui rend ce parcours si magnifique, dès que l’on aime la montagne et ses dénivelés. Malgré cela, quelques vélos de contre-la-montre sont du parcours. Avec eux c’est un jeu, en montée je les dépasse un à un, et puis en descente si je roule à 55km/h, ils roulent à 57km/h, et si je suis à 65km/h, ils sont à 67 km/h… bref il m’est bien difficile de garder mon avance, mais le plaisir est intact ! J’arrive malgré cela presque frais à l’air de transition…

Belle surprise, puisque toujours sans montre, je réalise mon record personnel sur cette distance en montagne avec 90km à vélo bouclés en 2h57’ .Mais, mais, mais… arrive la course à pied, toujours plein soleil, 28°C aujourd’hui ! Et c’est là que commence une tout autre course. En premier lieu je prend mon sac de course à pied et me change… tout en m’apercevant qu’il ne s’agit pas de mon sac ! Diantre, sacrebleu ! Un « 9 » tourné en « 6 » ou le contraire, bref je reviens sur l’air de transition pour retrouver mon sac ! Ca commence bien... A mon grand étonnement pourtant, la première boucle passe tranquille, d’ailleurs je me trouve rapidement un copain dans l’organisation afin qu’il me donne mon temps exact de passage à chaque tour, c’est le mieux que je puisse avoir. Une belle surprise avec un grand sourire, je croise Alain juste à l’entrée de ma deuxième boucle, il commence sa course à pied, frais le gaillard, tout va pour le mieux et le plaisir intact. Mais, mais la fête se termine pendant la troisième boucle où je n’arrive plus à monter les côtes sous cette chaleur, ma course se transforme en marche… puis en mode « pause ». La dernière boucle est encore plus difficile puisque les pompiers viennent même me trouver assis contre un arbre ; heureusement pour moi, il ne me reste plus que 2 km pour terminer, sinon c’est direct l’arrêt de course demandé par le médecin. Je pense qu’à ce moment là un ange est arrivé et ils ont compati… à mon bonheur, et m’ont laissé repartir cahin-caha pour terminer la course. Dernière pente, dernier ravitaillement également, plus de 3 litres d’eau bu en 6 heures de compétition, la dernière ligne droite, la fin des 21 km à pied, je vois l’arche d’arrivée, le soleil qui m’accueille, les photographes, ça y est, l’Ironman70.3 d’Aix-en-provence est bel et bien terminé, que du Bonheur ! Quelque part je me dis que oui, c’est bien toujours un exploit de terminer entier une compétition comme celle-ci, ces distances, ces reliefs, c’est un travail de longs mois, de longues années peut-être, mais c’est surtout un plaisir immense à partager avec tous, et c’est d’ailleurs sûrement pour cela que je vous écris ici ces quelques lignes. Partir, voyager, s’évader ou tout simplement rêver, loin ou parfois même près de chez soi, l’aventure est plus qu’un sport, une philosophie, mais qui ne mérite d’être vécue que parce qu’elle est partagée et transmise. Fermez les yeux et revivez alors un instant l’un de vos week-end fabuleux, de sport ou d’évasion, c’est toujours aussi magique ne trouvez-vous pas ?

Finisher, une belle médaille d’Aix Ironman, un beau tee-shirt, oui il nous en manque toujours ! Alain arrive également rempli autant de douleur que de Bonheur ; clic clac le souvenir est dans la boite et à jamais gravé dans nos têtes tout sourire et traits du visage tirés… Merci. Nous remplissons nos ventres au mieux au ravitaillement de l’arrivée, mais je sais bien que malgré tout cela, dans 3 jours il me manquera encore 3 kg ! Nous pouvons alors paisiblement rentrer, ranger nos affaires, nos vélos, nos sacs, mais l’histoire n’est pas encore finie. Va pour un cabriolet avec un vélo, mais Alain doit m’amener à la gare TGV, et lorsqu’il s’agit de mettre 2 caisses vélo sur les places arrière « enfants » du cabriolet, c’est une autre paire de manches ! Vélos et sacs à l’arrière qui débordent de tous côtés, ficelle et cadenas pour ne pas qu’ils s’envolent, sac à dos sur mes genoux et en dessous des pieds, sièges avant presque collés sur le tableau de bord, nous devenons alors contorsionnistes et c’est sur cette photographie qu’un passant Aixois appuis sur le bouton en nous lançant rigolard, « c’est très Rock’n Roll !». Merci M’sieur. C’est donc sur cette dernière note, après plus de 40 minutes passées à trouver le meilleur rangement possible, et à 20km/h que nous partons pour la gare TGV, un peu la galère avec la prise au vent, les ronds-points et les dos d’âne mais avec une bonne fatigue !
Week end exceptionnel, compétition Triathlon Ironman fantastique, Pays merveilleux, que des superlatifs pour vous conter ces 3 jours passés au Pays Aixois, 28°C, mission ou plutôt rêve accompli, nous avons bel et bien prolongé notre été 2013 !
Si jamais 2014 vous tente… sait-on jamais…

Merci à Alain Villibord pour ces moments de vie créés ensemble et merci également à Christine pour ces tupperwares de pâtes et de poulet remplis pour une semaine… à l’année prochaine ?

C’était un week-end oui, très Rock’n Roll !

Stefan Aniol
Un Triathlète Ironman qui vous veut du bien
(chut, l’histoire ne dit pas… que je me suis trompé de gare… !)

 


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